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PRINCIPALES TENDANCES

Cet extrait de l'Annuaire statistique des Fonctions publiques africaines restitue les données statistiques de 18 pays africains : Bénin, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Cap Vert, Centrafrique, Comores, Congo, Côte d'Ivoire, Gabon, Guinée Conakry, Madagascar, Mali, Mauritanie, Niger, Rwanda, Tchad et Togo.

Consacré à la situation de 1996, il est organisé en deux parties.

La première procède à une comparaison de différents indicateurs tels que, effectif/population, masse salariale / recettes, masse salariale / dépenses, la part des différentes catégories sur les effectifs, la répartition entre fonctionnaires, auxiliaires et contractuels, la proportion de la femme dans la fonction publique, la répartition des effectifs par tranche d'âge.

La seconde fait une présentation exhaustive pays par pays.

Une observation de ce document laisse dessiner des tendances dont voici les plus significatives.

Près de 80% des agents de l'Etat ont un âge situé entre 30 et 50 ans (Bénin 91%, Cameroun 66%, Comores 80%, Congo 83%, Madagascar 61%). Après une décennie caractérisée par un faible recrutement dans le cadre de la maîtrise des effectifs, la question de renouvellement des effectifs se posera avec acuité dans les prochaines années.

La représentation des femmes dans les administrations est restée relativement très faible (25% en moyenne) alors que celles - ci constituent plus de 50% de la population totale. Elle passe de 21% (Mauritanie, Togo) à 35% (Madagascar).

L'Education nationale représente plus de 40% des effectifs et plus de 50% avec la Santé et les affaires sociales. Au Bénin par exemple, l'Education représente 55% des effectifs et 65% avec la Santé. Ces deux secteurs emploient généralement près de deux tiers des femmes de la fonction publique. Au Bénin cette proportion était de 72% en avril 1997. Ces deux secteurs utilisent à eux seuls près de 50% des cadres A, et près de deux tiers des cadres B. Au Bénin dans le même mois ces deux secteurs utilisaient 52% des cadres A et 78% des cadres B.

Le secteur de l'Education absorbe à lui seul près de 50% de la masse salariale et près de 60% avec la Santé. Ceci est dû au fait que d'une part ces deux secteurs occupent dans les mêmes proportions les catégories A et B et donc les mieux payés. D'autre part, hormis les fonctions de la haute administration ou à caractère politique, les corps de la Santé et de l'Education ont des avantages comparatifs acquis quelques fois par la pression de leurs puissantes organisations professionnelles. Au Bénin, en Avril 1997, le personnel de l'Education a coûté 58% de la masse salariale. Avec celui de la Santé, le coût s'élevait à 64%.

La proportion des catégories supérieures (A et B) augmente de plus en plus au détriment de celle des autres catégories. Le tableau ci - après montre l'évolution des différentes catégories par rapport à l'ensemble des fonctionnaires actifs au Cameroun de 1967 à 1997.

Catégorie 1967 1977 1987 1997
A7% 13%18% 30%
B15% 21%26% 30%
C32% 33%33% 29%
D46% 33%23% 11%

De 1967 à 1997, Les effectifs de la catégorie A ont été multipliés par 4, ceux de la catégorie B par 2 tandis que ceux de la catégorie C ont diminué de 10% et la catégorie D de 76%.

Au Niger, les catégories A et B représentaient 13% en 1980, 25% en 1985 et 33% en 1990 et 40% en 1996.

Ces tendances amènent à faire certaines observations.

La proportion des agents de l'Etat par rapport à la population oscille depuis une quinzaine d'années autour de 1%, ce qui relativise ainsi l'affirmation d'une pléthore des effectifs dans les administrations africaines. Certes, le poids de ces administrations est disproportionné par rapport aux capacités financières de l'Etat et le patrimonialisme qui les caractérise font d'elles des goulots d'étranglements au lieu d'être des instruments d'impulsion et de gestion du développement.

Cette proportion qu'on peut observer dans la plupart des cas cache certaines disparités. En effet le Burkina Faso, le Mali et le Tchad ont des taux autour de 0,4% alors que le Cap Vert et le Congo ont des taux autour de 3%.

L'évolution des effectifs et de la masse salariale dans les pays africains a suivi sensiblement le même itinéraire depuis les indépendances. Ceci est plus visible au sein des pays de la zone CFA où les mesures d'ajustement structurel ont été sensiblement les mêmes.

Après les indépendances les Etats ont été confrontés à une carence de cadres dans tous les domaines. A titre d'illustration, le Mali avait en 1960 à l'aube de son indépendance 3 médecins, 4 ingénieurs et 7 professeurs. Dès lors la priorité est de palier cette carence en formant et en recrutant des cadres de tous genres. Certains pays sont allés jusqu'à obliger tout cadre dont ils ont assuré les frais de formation, de prendre l'engagement de servir l'Etat pendant une certaine période. C'est ce qui explique la montée rapide des effectifs de 1960 à 1985.

L'itinéraire de la masse salariale dans la période est presque le même.

Depuis 1990, on constate le frémissement d'une tradition de bonne gestion en Afrique. Des mesures courageuses sont prises dans le domaine de la fonction publique dans le sens de réduire davantage les effectifs et la masse salariale et retrouver les équilibres rompus depuis fort longtemps.

L'une des principales mesures est matérialisée par les programmes des départs volontaires.

C'est ce qui explique la diminution sensible des effectifs depuis 1990, un mouvement qui s'est presque arrêté en 1996.

En observant le second graphique, on voit paradoxalement la masse salariale qui a connu une légère diminution entre 1990 et 1993 prendre un itinéraire de croissance.

On peut expliquer ce phénomène par les raisons suivantes :

Les programmes de départs volontaires ont concerné essentiellement les catégories les plus basses et qui coûtent moins chères. Au Bénin, les Catégories C, D et E ont diminué de 30% de 1990 à 1997.

Les programmes de départs volontaires ont été suivis par la dévaluation de la monnaie notamment dans les pays de la zone CFA. Les gouvernements ont été amenés à prendre des mesures d'accompagnement parmi lesquelles le déblocage de certains avancements, le dégel de certains avantages, le dégel de l'abattement de certains salaires, l'augmentation de la valeur du point d'indice etc..

Depuis 1990, la démocratisation de l'espace et des institutions politiques a entraîné un surcroît des coûts salariaux : assemblées nationales, cours constitutionnelles, etc..


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