Plan du site | Présentation | Agenda
Activités | Publications | Chiffres-clés | Liens | Bibliographie


Logo de l'OFPA
Retour

Xème SESSION ORDINAIRE DU CONSEIL D'ADMINISTRATION DE L'OFPA (2001)



ALLOCUTION DE BIENVENUE DU SECRETAIRE PERMANENT DE L'OFPA

Cotonou, mercredi 12 décembre 2001



La 10e Session ordinaire du Conseil d’Administration m’offre l’occasion de vous souhaiter la bienvenue à l’Observatoire des Fonctions Publiques Africaines (OFPA).

L'importance de cette session tient au fait qu'elle se tient au moment où l'OFPA se trouve à la croisée des chemins.

En effet, le 5 novembre 1991 à Cotonou (Bénin), les Ministres chargés de la Fonction publique de vingt trois (23) Etats africains, ou leurs délégués et représentants, adoptaient un document historique appelé " Initiative de Cotonou " et, à l'appui dudit document signaient la Motion de création de l'Observatoire des Fonctions Publiques Africaines (OFPA). Dans l'ordre alphabétique, il s'agissait des Etats ci-après :

Angola ; Bénin ; Burkina Faso ; Cameroun ; Cap Vert ; Congo ; Côte d'Ivoire ; Gabon ; Gambie ; Guinée Bissau ; Guinée Conakry ; Guinée Equatoriale ; Madagascar ; Mali ; Mauritanie ; Mozambique ; Niger ; République Centrafricaine ; Rwanda ; Sao Tomé e Principe ; Sénégal ; Tchad et Togo.

Ce qu'on ne rappelle pas souvent, c'est que cette Motion était également signée par les partenaires au développement, à savoir, la France, ainsi que les bailleurs de fonds ci-après : Banque Mondiale; Bureau International du Travail ; Canada ; Commission des Communautés Européennes ; Fonds Monétaire International ; Nations Unies (Secrétariat Général - Programme des Nations Unies pour le Développement - Management of the Development Program), le tout dans un environnement bénéficiant d'un fort appui médiatique.

Le devoir de mémoire conduit à publier, ou plutôt à rééditer dans ce bulletin la liste complète des signataires de cette Motion, ainsi que du reste, le texte intégral de l'Initiative de Cotonou.

L'Initiative de Cotonou était un formidable manifeste d'espoir, de foi des africains de relever les défis du développement dans le domaine de l'Administration, de leur engagement à se prendre en charge, et, de cette manière, de se poser en interlocuteurs crédibles, voire exigeants face aux partenaires au développement avec lesquels ils auraient effectivement quelque chose à échanger. Mais l'Initiative de Cotonou, c'était également l'engagement de ces mêmes partenaires d'accompagner ce mouvement, sur un chemin et par des voies dont ils ne pouvaient ignorer qu'ils sont semés d'embûches, en sorte que les objectifs convenus d'un commun accord ne pouvaient être atteints que dans le cadre d'une coopération et d'une collaboration s'inscrivant dans la durée.

Une décennie s'est écoulée, et le doute s'est installé aussi bien dans l'esprit des Etats membres de l'OFPA que dans l'esprit des partenaires. Les contributions et les appuis se sont rétrécis comme peau de chagrin. Et c'est ainsi que cette Institution qu'ils ont eux-mêmes portée sur les fonds baptismaux se trouve à la croisée des chemins, ce qui fait monter de toutes parts des angoisses, des appréhensions, des doutes et des interrogations sur l'avenir de l'OFPA.

Paradoxalement cependant, l'OFPA peut et va transmuter ces interrogations en valeurs positives.

Il le fera pour une raison fondamentale dont la meilleure expression se trouve dans ce mot du philosophe Vladimir Jankélévitch cité par Paul Ricoeur en exergue de son dernier ouvrage La mémoire, l'histoire et l'oubli : CELUI QUI A ETE NE PEUT PLUS DESORMAIS NE PAS AVOIR ETE ; DESORMAIS CE FAIT MYSTERIEUX ET PROFONDEMENT OBSCUR D'AVOIR ETE EST SON VIATIQUE POUR L'ETERNITE.

Etre à la croisée des chemins implique pour l'OFPA de transmuter en valeurs positives les doutes et les interrogations de ses Etats membres et de ses partenaires.

S'appuyant sur ce qui est son viatique pour l'éternité, le fait d'avoir été, il y parviendra par l'application de quelques principes simples qui dominent la situation d'être à la croisée des chemins :

- Totaliser les expériences passées ; les intégrer et en tirer les enseignements pour son évolution.

- Prendre conscience qu'il a atteint l'âge de la majorité et imaginer d'autres scénarios, types d'actions et d'interventions mieux adaptés à sa croissance.

- Se nourrir résolument des nouvelles idées et des nouvelles façons de voir et de gérer la chose publique.

- Imaginer un nouveau type de partenariat qui rompt définitivement avec la facilité et la mentalité d'assisté, mais au contraire développe l'initiative et l'innovation.

- Optimiser les avantages comparatifs dont il peut se prévaloir sur le continent par rapport aux organisations similaires.

- Avoir une vision claire et cohérente de ce que devrait être une Fonction publique africaine efficace et performante, et rallier à cette vision les acteurs, partenaires sociaux, les décideurs politiques et les partenaires au développement.

C'est le sens qu'il faut donner aux nouveaux outils de gestion et de pilotage que l'OFPA est en train d'élaborer.

C'est également ce qui justifie son optimisme, et l'espoir qu'une NOUVELLE INITIATIVE DE COTONOU va mobiliser des énergies et des compétences, mais aussi des moyens appropriés pour permettre à nos Fonctions publiques de jouer le rôle central qui est le leur dans le développement de nos pays.

Je vous remercie pour votre aimable attention.


Début de page