Retour De
la "bonne gouvernance" au "bon gouvernement"
Vississitudes
d’un concept en quête de légitimité Le 5ème Forum Global Mondial sur la réinvention du Gouvernement organisé à Mexico (Mexique) du 3 au 6 novembre 2003 marque une étape importante dans la mutation du concept de gouvernance et sa quête de légitimité. Pour la première fois en effet, on a tenté une synthèse des bonnes pratiques de la gestion des affaires publiques en rapport avec l’utilisation des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (NTIC) pour préciser le contenu de la bonne gouvernance, en tant qu’indicateur du bon gouvernement. La perspective et les priorités sont donc inversées : au lieu de continuer d’ausculter les multiples facettes de la gouvernance, comme si on ne s’intéressait qu’à elle-même et pour elle-même en tant que concept, on ne met en relation ou en situation ses différentes composantes qu’en tant qu’elles concourent à l’émergence d’un bon gouvernement.
Le 5ème Forum Global de Mexico propose sept critères
d’un bon gouvernement
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Un gouvernement qui coûte
moins cher
L’utilisation judicieuse de l’outil informatique ainsi que des instruments tels que le contrôle et l’évaluation, la comptabilité analytique, et les études de productivité permettent d’organiser une gestion transparente et équilibrée des ressources, de choisir les meilleures décisions pour l’avenir, d’éliminer les programmes dépassés ou faisant double emploi, de garantir la transparence de l’Administration fiscale et douanière. Le gouvernement coûtera moins cher si les citoyens participent activement à toutes les décisions d’investissement. Alors il sera possible aux gouvernants de réduire les déficits et les impôts, et d’investir dans les programmes sociaux comme l’éducation et la santé.
ð Un gouvernement de qualité Un bon gouvernement est celui qui fournit des services de qualité à ses citoyens. C’est principalement au niveau des Administrations locales que se constate et se ressent la qualité des services publics, car c’est à ce niveau-là que l’on peut plus facilement vérifier le degré de compréhension de la réglementation par les citoyens, ainsi que le degré de leur satisfaction des services rendus. L’outil informatique permet d’évaluer ce niveau de satisfaction, mais aussi d’associer les citoyens à l’élaboration et à la mise en œuvre de mécanismes garantissant la qualité des services publics.
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Un
gouvernement professionnel
L’une
des exigences d’un bon gouvernement, c’est l’existence d’une
fonction publique professionnelle dans laquelle le recrutement s’effectue
sur la base du mérite, composée d’agents formés pour le poste qu’ils
occupent, évalués sur la base des résultats obtenus, et dont
l’avancement et le salaire récompensent l’efficacité. Une fonction
publique professionnelle doit satisfaire d’autres exigences : un
recrutement transparent et ouvert à tous les secteurs de la société ;
une évaluation des compétences par des mécanismes appropriés ; une
adaptation de la réglementation aux besoins des citoyens ; une définition
des postes et des emplois de telle sorte qu’ils soient compétitifs par
rapport à ceux du secteur privé.
ðUn
gouvernement électronique
Le
gouvernement électronique est le fer de lance ou la pierre angulaire du bon
gouvernement. En effet, il permet la création de nouvelles stratégies de développement
avec la participation de toutes les parties prenantes de la société,
renforce la capacité de l’Administration d’augmenter l’offre de
services aux usagers, optimise la gestion des ressources humaines et financières
par le développement des services électroniques, améliore le commerce, la
démocratie et la transparence.
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Un
gouvernement doté d’une réglementation allégée et simplifiée.
L’excès
de réglementation ainsi que les mauvaises réglementations renchérissent
les politiques publiques, et affaiblissent la compétitivité de l’économie.
Toute œuvre de réglementation devrait s’accompagner de l’évaluation
de son coût associé pour les citoyens et les entreprises. Un bon
gouvernement développe la capacité à évaluer le coût de la réglementation,
à l’alléger, à la simplifier et à la mettre en application. L’allégement
et la simplification de la réglementation sont particulièrement cruciales
dans les domaines d’une grande complexité comme c’est le cas pour la
fiscalité.
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Un
gouvernement honnête et transparent
Un
bon gouvernement intègre l’éthique et la lutte contre la corruption dans
priorités. Le droit de chaque citoyen à l’information, l’existence
d’organismes habiletés à contrôler la mise en œuvre effective des
mesures anti-corruption, l’amélioration de l’intégrité et de la
transparence dans le secteur public, constituent quelques uns des
indicateurs d’un gouvernement honnête et transparent. Dans la prévention
de la corruption, le renforcement du rôle de la société civile,
l’existence d’un bureau d’audit pour l’évaluation des pratiques de
transparence et les instruments modernes de gestion financière, sont des
atouts appréciables.
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Un
gouvernement décentralisé
Un
bon gouvernement, c’est, enfin, un gouvernement décentralisé. C’est la
décentralisation qui favorise la participation des citoyens et en mesure
l’effectivité. La décentralisation doit être globale et porter aussi
bien sur les aspects politiques, qu’économiques, administratifs et
financières. Cela suppose un cadre juridique approprié qui permette le
transfert aux collectivités décentralisées des compétences, ainsi que
des ressources nécessaires pour les exercer. Quelles
perspectives ? Le
5ème Forum Global de Mexico peut conduire à plusieurs
perspectives dont deux méritent d’être relevées.
La tentation, de forum en forum, d’allonger la liste des critères du
bon gouvernement.
On sait d’ailleurs qu’à l’ouverture de ce forum, seuls six critères
du bon gouvernement étaient annoncés. C’est au cours des débats, que
les participants ont imposé le critère de la décentralisation. La méthode
des listes étant toujours arbitraire, rien n’empêche qu’on l’allonge
à l’infini, ou au contraire qu’on la ramène à un concept fédérateur,
par exemple, celui de gouvernement responsable, ou de gouvernement démocratique
qui, bien compris, intègre tous les autres critères. Mais dans les deux
hypothèses, on se retrouve devant un concept éclaté, non susceptible de
fonder des initiatives cohérentes.
L’érection des sept critères en sept piliers que les citoyens, la société civile, l’Etat et les partenaires au développement
reconnaissent comme étant la nouvelle base de légitimité de la
construction de l’Etat et de la société démocratiques. Dans ces
conditions, tout programme de gouvernance devrait reposer sur les sept
piliers, et chacun d’eux bénéficierait d’une égale attention, en ce
qui concerne le financement, l’élaboration, la mise en œuvre et l’évaluation.
On pourrait alors constater dans les faits les changements qualitatifs
induits par les programmes de gouvernance.
Professeur Jacques Mariel Nzouankeu www.ofpa.net
et www.diplomatie.gouv.fr
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