Retour i-Démocratie Gouverner
et administrer autrement
Le
4ème Forum Mondial i-Démocratie,
organisé à Issy-les-Moulineaux (France), les 25 et 26 septembre 2003 sur le
thème : "Liberté et Sécurité
à l’Ere Numérique", confirme bien qu’avec l’avènement de la
société de l’information, il faut désormais se résoudre à gouverner et
administrer autrement.
Bien que s’inscrivant
dans la lignée des grandes rencontres du même genre, notamment celles
organisées par les Nations Unies avec l’appui de gouvernements de certains
pays industrialisés (on songe en particulier à l’institution du Forum Global dont la 5ème édition se déroulera à
Mexico du 3 au 6 novembre 2003), le Forum d’Issy-les-Moulineaux présente la
particularité de mettre l’accent sur l’approche francophone de la démocratie
électronique et d’associer étroitement des responsables politiques et des
acteurs de la société civile des pays du Sud. Les débats engagés au Forum
d’Issy se prolongeront au prochain Sommet mondial sur la Société de
l’information qui aura lieu à Genève du 10 au 12 décembre 2003. Dans un
monde globalisé, la Société de l’Information ne sera réussie que si elle
est accessible partout. ð
Quel
contenu pour l’ i-Démocratie ? Trois
thèmes ont dominé le Forum d’Issy. ·
La
participation démocratique
a longuement été développée au cours de la Table Ronde 1, ainsi que dans
les quatre premiers ateliers, avec, comme point focal, le vote électronique.
Des éclairages utiles ont été donnés à cette occasion sur le rôle de la
Commission nationale de l’informatique et des libertés et les retours
d’expériences des pays européens ont montré l’utilité, mais aussi les
limites de cette forme de participation démocratique. Par
exemple, il est apparu que le vote électronique ne peut être organisé avec
succès que dans les pays qui ont une bonne pratique des machines à voter et
où le vote par correspondance est organisé. De même, les leçons des expériences
comparées montrent qu’il convient d’expérimenter le vote électronique
d’abord dans des élections n’ayant pas d’enjeux politiques (élections
des organisations et ordres professionnels par exemple) avant de les
transposer, le cas échéant, aux élections locales et nationales. Enfin
de nombreux préalables sont requis, avant la généralisation du vote électronique :
protection de l’électeur contre les pressions de son environnement ou de
son milieu ; garantie du secret de vote ; identification de l’électeur
et authentification de son vote ; dépouillement du scrutin électronique,
etc. ·
Les
services rendus aux usagers
constituent, sans aucun doute, un élément fondamental de la Démocratie. Le
Forum d’Issy a confirmé l’importance de l’Internet dans ce domaine :
le développement des nouveaux métiers de l’Administration ; la mise
en œuvre des téléservices et des téléprocédures ;
les sites vitrine et le portail internet de citoyen des collectivités
locales ; des e-services viables, par exemple permettant l’édition des
cartes électroniques citoyennes. Jusqu’où peut-on aller dans cette voie ?
Aussi loin que possible : les maires peuvent rendre des décisions
locales exécutoires, par un simple clic, en toute transparence et en toute légalité ;
les élus peuvent signer électroniquement les décisions de leurs collectivités ;
la préfecture peut contrôler la légalité de ses décisions sans avoir à
stocker et à classer des tonnes de papier. ·
Le
renforcement de la sécurité numérique
est une condition évidente de l’enracinement de la démocratie. La lutte
contre les "spams" et les virus informatiques, les cartes à puce,
sont autant d’outils permettant d’établir la confiance et la sécurité
sans lesquelles les citoyens ne pourraient pas pleinement profiter des avancées
de l’internet. ð
Quels
enjeux et perspectives pour les pays en développement ?
Le Forum d’Issy a donné
la parole à des personnalités du sud qui n’ont pas manqué de revenir aux
réalités en montrant comment la situation dans leurs pays illustre bien la
notion de fracture numérique et en stigmatisant le fossé toujours
grandissant qu’Internet creuse entre les pays du Nord et ceux du Sud, alors
qu’on pouvait espérer, qu’Internet aiderait plutôt à combler ce fossé.
L’explication de ce
paradoxe ne réside pas seulement dans l’absence, l’insuffisance ou
l’inadaptation des infrastructures de communication qui limitent l’accès
à Internet de certains de ces pays, mais aussi et surtout à la résistance
de certaines valeurs à cette forme nouvelle de communication. Par exemple, ce
ne sont pas les techniques pour garantir la transparence de la société qui
manquent, mais la volonté même de promouvoir une société transparente.
Finalement, cette
constatation va bien au-delà des pays en développement : les
Technologies de l’Information et de la Communication ne peuvent pas créer
la démocratie là où elle n’existe pas ; elles peuvent seulement en
faciliter l’exercice compte tenu du contexte socio-culturel et politique de
chaque pays. Ainsi, l’i-Démocratie
n’est pas une fin en soi ; elle est un outil de facilitation de
l’apprentissage de la démocratie.
Professeur
Jacques Mariel Nzouankeu PREMIER
SEMINAIRE OFPA SUR LES PRODUITS DE MODERNISATION DE L'ADMINISTRATION Les
contraintes et les pesanteurs propres au contexte socio-économique et
culturel de chaque pays, rendent les mutations qualitatives de
l'administration très difficiles, et souvent aléatoires. Cela explique que,
dans de nombreux cas, la visibilité des actions entreprises est à peine
perceptible. En l'absence d'une telle visibilité, l'opinion n'adhère pas aux
objectifs poursuivis par les gouvernements et les citoyens sont persuadés que
les gouvernements n'apportent aucune amélioration aux relations entre les
usagers et l' administration . L'Observatoire
des Fonctions Publiques Africaines (OFPA), confronté à ce problème, se
propose d'encourager la création d'outils et de produits de modernisation de
l'Administration susceptibles de garantir la visibilité immédiate de la
modernisation administrative. Le premier séminaire consacré à la démonstration de quelques-uns de
ces produits. se tiendra au siège de l’OFPA à Cotonou du 11 au 14 novembre
prochain. Pour
cette rencontre, l'OFPA a choisi
des produits qui présentent le triple intérêt d'être appropriables,
transposables et d'un coût modéré. Quatre d'entre eux méritent d'ores et déjà
d'être cités : la numérisation et l’archivage des Journaux
Officiels mauritaniens qui a été réalisé par des experts de la
Direction de la Législation de Mauritanie avec quelques assistants techniques
français ; la conception d'une base des données relationnelle des effectifs
de la Fonction publique congolaise réalisée par une équipe de jeunes
fonctionnaires avec l'aide d'un assistant technique français ; un logiciel de
gestion du courrier et des documents administratifs mis au point par l'OFPA ;
un logiciel pour l’ émission automatique des actes de gestion
administrative, mis au point par la Direction de l'Informatique et des
Statistiques du ministère de la Fonction publique et du Travail du Niger. Ces
produits seront présentés et analysés par des experts ayant participé à
leur réalisation et pourront ultérieurement être transposés avec le
concours de l’OFPA dans les systèmes administratifs des pays qui le
souhaiteraient. Certains de ces outils de gestion seront mis à disposition
gratuitement des participants. Le
premier symposium de l'OFPA
sera organisé au cours de ce séminaire. Il aura pour thème : Bilan et perspectives des réformes administratives en Afrique. Il
donnera l'occasion à des hauts cadres qui pilotent la réforme et la
modernisation de l'a dministration dans leurs pays d'échanger leurs expériences.
L'OFPA leur offre ainsi un espace de libre discussion où ils pourront se
retrouver chaque année pour identifier les problèmes communs à plusieurs
pays africains. Le laboratoire d'idées ainsi constitué sera sans aucun doute
bénéfique aux décideurs politiques et aux partenaires au développement. Il
est rappelé que les participants à ces rencontres doivent assurer leur
voyage et leurs frais de séjour à Cotonou. Les modalités d’organisation
du séminaire, en particulier le versement des droits d’inscription d'un
montant de 350 000 F CFA (soit environ 550 euros), le programme de ces
journées, ainsi qu'un bulletin d'inscription sont disponibles sur le site web
de l'OFPA www.ofpa.net. D'autres renseignements peuvent être obtenus par courrier électronique à ofpa@ofpa.net, par téléphone (229) 30 33 68, ou par fax (229) 30 31 99. AGENDA ð
La
XXIIIème Assemblée générale de l'Association internationale des maires et
responsables de capitales et métropoles partiellement ou entièrement
francophones (AIMF)
se tiendra à Dakar du 21 au 24 octobre. Le thème principal à l'ordre du
jour est la médiation et la gestion des crises locales. Quatre commissions
aborderont la médiation sous ses différents aspects : la gestion locale et
la médiation, le rôle du maire en sa qualité de médiateur dans les
institutions décentralisées, la place de la médiation dans la coexistence
des cultures au sein des villes et le rôle de la médiation dans la gestion
des antagonismes économiques et sociaux. ð Le
Groupe Sud se réunira les 29 et 30 octobre à Paris.
Plusieurs experts du Sud participeront à cette réunion qui se déroulera
dans les locaux du ministère des Affaires Etrangères et au siège de
l'Organisation internationale de la Francophonie. Les programmes relatifs à
la gouvernance démocratique de la coopération française et de la
Francophonie, le programme de lutte contre la corruption du NEPAD confié à
l'OFPA, les actions de coopération pour les pays en sortie de crise ou de
conflit seront particulièrement examinés lors de ces deux journées. Un
compte rendu sera fait dans le prochain bulletin de liaison. ð
Le
Vème Forum Global sur la "réinvention de la gouvernance"
se tiendra à Mexico (Mexique), du 3 au
7 novembre 2003. Les quatre premières rencontres du genre avaient été
organisées successivement à Washington DC (Etats-Unis) en 1999, Rio de
Janeiro (Brésil) en 2000, Naples (Italie) en 2001 et Marrakech (Maroc) en
2002. La rencontre de Mexico sera organisée par le Département des Affaires
Economiques et Sociales des Nations Unies, en partenariat avec différentes
structures et institutions des Nations Unies, et avec le soutien financier du
Gouvernement italien. Le forum de Mexico se veut une tribune d'échanges d'expériences
entre les ministres, hauts-fonctionnaires, experts et représentants de la
société civile des pays en développement et en transition. Parmi les thèmes
qui seront discutés dans les ateliers, on peut citer : la capacité du
secteur public à promouvoir la bonne gouvernance ; l'innovation et la
qualité dans la gestion des affaires publiques ; les services rendus aux
usagers et la gouvernance urbaine ; gouvernance décentralisée et développement
humain ;l’ obligation de rendre compte et la transparence ;la transparence
fiscale. PUBLICATIONS
Paul
Dahan : « Du
désarmement-développement au développement-désarmement ? – La révélation
des contraires » dans Annuaire
français des relations internationales, vol. IV, 2003, pp 701-709 ;
Charles
Zorgbibe : « L’Afrique
et la justice internationale »,
dans
Géopolitique africaine, N° 11, été 2003, pp 75-94 ; Nadège
Ragaru : « Les migrations internationales, une question avant tout
politique ? » dans la
revue internationale et stratégique, n° 50, été 2003, pp 73-78 ; Fabienne
Pompey : « L’Afrique
du Sud en proie aux inégalités » dans Géopolitique
africaine, n° 11, été 2003, pp 151-162 ; Hugo
Sada : « Le
conflit ivoirien : enjeux régionaux et maintien de la paix en Afrique »,
dans Politique
étrangère, n° 2/2003, pp 321-334 Lisez
la Lettre du Groupe Sud sur nos sites WEB
www.ofpa.net et
www.diplomatie.gouv.fr
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