Retour Le
rendez-vous de Séoul
On commençait à se familiariser avec le
concept d’E-gouvernement dont le
Forum Global Mondial s’est fait l’écho, à Mexico en novembre 2003. On
avait retenu que l’établissement d’un bon
gouvernement constituait l’objectif ultime à atteindre grâce, en
particulier, à l’utilisation des Technologies de l’Information et de la
Communication. (voir Lettre du Groupe
Sud n° 9)
Par ailleurs, le concept de gouvernance,
malgré la diversité de ses facettes et ses mutations (bonne ou meilleure
gouvernance, gouvernance démocratique ou partagée), commençait à se préciser,
et de plus en plus, sert de fondement aux actions de modernisation des
administrations publiques.
Or, voici qu’à Séoul sera lancé un nouveau concept : E-gouvernance.
Ce sera à l’occasion du XXVI ème Congrès International des Sciences
Administratives qui se tiendra dans cette ville, du 14 au 18 juillet 2004, sur
le thème, E-gouvernance : défis
et chances pour la démocratie, l’Administration et le droit. Ainsi, à
peine a-t-on exploré les concepts récents qu’un nouveau chantier s’ouvre
aux décideurs et aux chercheurs, toujours en quête d’outils susceptibles
d’améliorer les services rendus aux usagers et la gestion publique.
En attendant les contributions et les rapports du Congrès, l’ "Appel aux communications" donne des indications sur les
intentions des promoteurs du nouveau concept. Ainsi, alors que l’e-gouvernement
s’attache principalement à fournir des services aux clients du
gouvernement, l’e-gouvernance
s’intéresse davantage au public et au rôle qu’il joue en tant que
citoyen. Les interrogations et sujets auxquels les experts sont invités à réfléchir
sont choisis de manière à préciser la frontière, plutôt fluctuante entre
les deux concepts. ·
Rôle
de la société civile : comment développer son offre de services
publics et mieux
l’impliquer dans le processus de gouvernement ? L’accès électronique
aux informations détenues par les gouvernements peut-il et devrait-il être utilisé à des
fins économiques lucratives ? Les collectivités locales s’éloignent des gouvernements
centraux parce qu’elles bénéficient des offres de services du secteur privé ; mais
d’un autre côté, les nouvelles technologies peuvent servir à centraliser la gouvernance ;
comment résoudre ce paradoxe ? Quel est l’impact de la démocratie digitale et des
technologies de l’information sur la vie civique et sur les acteurs traditionnels du pouvoir ? ·
La
gestion publique : L’e-gouvernance
devrait faciliter le changement administratif, alléger le travail de la bureaucratie, transformer l’organisation et les
procédures du secteur public. Il convient donc de réfléchir aux formes nouvelles de ce que
sera la
bureaucratie virtuelle, l’Administration sans paperasserie, et son impact
sur la vie administrative. ·
Les
pays en transition et en développement : Les principaux défis que
les pays en
transition et en développement doivent relever pour appliquer l’e-gouvernance
ou
bénéficier de ses avantages sont : avoir des leaders visionnaires ;
construire des
partenariats fiables pour la création des infrastructures ; identifier
le type de partenariat
public/privé susceptible d’offrir le meilleur service aux usagers ;
investir dans les Technologies de l’Information et de la Communication afin d’améliorer les
services rendus aux usagers et assurer un accès égal et aisé aux informations et aux
services en ligne. ·
L’évolution
du droit :
Un cadre légal pour l’utilisation des Technologies de l’Information et de la Communication se met progressivement en place et est appelé à
s’améliorer dans le cadre de l’e-gouvernance. Les
principales tendances de cette évolution visent à approfondir les questions
ci-après : protéger la vie privée tout en évitant d’imposer des
entraves qui freineraient les innovations ; réfléchir à l’émergence
d’un droit propre à l’e-gouvernance,
ainsi qu’aux problèmes nouveaux liés à la technologie de l’information,
par exemple la cyber-terreur, le cyber-crime, la juridiction du cyberespace,
l’e-commerce, l’e-corruption, le problème des émigrants électroniques,
etc.
Il n’est pas certain que ces pistes de réflexion proposées aux
congressistes, si variées et riches soient-elles, éclairent suffisamment les
frontières entre e-gouvernement
et e-gouvernance,
c’est-à-dire, finalement, justifient le recours à un nouveau concept. Peut
être faut-il, pour y voir plus clair, s’interroger sur les interactions
entre les deux concepts. On pourrait alors imaginer que l’e-gouvernance
c’est la bonne utilisation des outils internet ou électroniques créés par
l’e-gouvernement. Il ne
suffirait pas aux pouvoirs publics de créer des téléservices, des téléprocédures,
d’organiser le vote électronique, bref, de mettre en place des outils
internet tendant à améliorer la démocratie et l’Administration, il
faudrait encore et surtout s’assurer de la bonne utilisation de ces outils. E-gouvernance
serait donc l’équivalent de la bonne gouvernance ; elle décrirait les
stratégies qui devraient être mises en œuvre pour une bonne utilisation des
outils informatiques.
Il semble cependant que les promoteurs du nouveau concept le placent en amont
de l’e-gouvernement :
l’e-gouvernance préparerait
" la transition vers l’e-gouvernement", accélérait " la
transition de la société industrielle vers la société de
l’information". En d’autres termes, il s’agirait d’une étape au
cours de laquelle les citoyens seraient préparés à jouir des bienfaits de
la société de l’information. Ce serait alors la confirmation que l’e-gouvernement
n’a pas pu créer la démocratie là ou elle n’existe pas, ni moderniser
les Administrations lorsqu’elles ne possèdent pas les capacités internes
appropriées à cet objectif. Les travaux de Séoul montreront en quoi le
nouveau concept d’e-gouvernance
est nécessaire pour décrire cette situation, mais surtout en quoi il
permettra d’y remédier. Professeur Jacques Mariel NzouankeuCHRONIQUE
DU NEPAD
Le
9ème Sommet du NEPAD s’est tenu à Kigali les 13 et 14 février. Dans
le cadre de l’intégration
du NEPAD dans les
structures de l’Union africaine, le secrétariat exécutif du NEPAD,
dirigé par Wiseman Nkulhu ( il quittera ses fonctions en septembre prochain),
ne fonctionnera plus de manière autonome par rapport à la Commission de l’Ua.
Le Sommet de Kigali a été l’occasion pour les chefs d’Etat et de
gouvernement de jeter les bases du Mécanisme
africain d’évaluation par les pairs ( Maep). Ce
système volontaire d’auto-surveillance donne aux dix sept pays qui y
ont souscrit le droit de vérifier que les stratégies et les politiques mises
en œuvre par leurs pairs sont conformes à un code éthique. Le Sommet a approuvé
les critères d’évaluation proposés par un panel de six personnalités
éminentes présidé par Marie-Angélique Savane (Sénégal). Les critères
d’évaluation concernent la situation politique et économique, l’état de
la corruption, le degré de respect des droits de l’Homme, la gouvernance et
la réglementation, le développement de la démocratie.
L’objectif recherché est essentiellement de mesurer la capacité des pays
à progresser d’année en année en
fonction de leur contexte national et de comparer les différentes situations.
La revue par les pairs sera préparée dans chaque pays par une commission
nationale et un questionnaire sera distribué aux acteurs politiques, sociaux
et économiques du pays. Ce questionnaire couvrira les domaines suivants :
Démocratie et gouvernance politique, gouvernance et questions économiques,
gouvernance et économie privée, développement socio-économique. Un groupe
d’experts viendra ensuite vérifier la fiabilité des réponses à ce
questionnaire.
Quatre pays devraient être évalués en 2004 ( Ghana, Kenya, Maurice et
Rwanda). Il est prévu de faire une première évaluation dans les 18 mois qui
suivent l’adhésion au Maep. Il sera procédé ensuite à des évaluations
une fois tous les deux à quatre ans. Il n’y aura pas de sanctions mais des
« pressions positives ». La publication des rapports sera à la
discrétion des chefs d’Etat. Au terme de chaque évaluation, un forum des
chefs d’Etat devrait permettre d’analyser les résultats et, éventuellement,
de rechercher des solutions pour aider les pays dont l’évaluation n’aura
pas été satisfaisante. PUBLICATIONS ·
Le Club du
Sahel et de l’Afrique de l’Ouest publie une Lettre mensuelle qui peut
être consultée sur le site de l’OCDE
www.oecd.org/sah. La Lettre de Janvier 2004
fait référence au programme « conflits » qui a été conçu
autour du foncier, des relations sociales, de la jeunesse et de l’approche régionale
intégrée. On citera l’ouvrage « Interactions entre conflits et
migrations involontaires en Afrique de l’Ouest : pour une approche régionale,
intégrée et concertée »
OCDE, octobre 2003 par Donata Gnisci, Marie Trémolières et Karim Hussein ; ·
Le
numéro 208 ( décembre 2003) de la
revue Afrique
contemporaine présente un dossier intéressant sur la lutte contre
les pauvreté et les inégalités qui a été coordonné par le réseau
IMPACT. ( www.reseau-impact.org ).
Le caractère multidimensionnel de la pauvreté, la place et la dimension de
l’Etat, les cadres stratégiques de lutte contre la pauvreté, les liens
entre pauvreté et inégalités, la nécessité de traiter le problème de la
pauvreté jusqu’au niveau local et d’impliquer la société civile dans
les programmes de lutte sont mis en avant par les quatre chercheurs africains
qui ont contribué à ce dossier. L’estimation de l’évolution de la
pauvreté monétaire dans la zone franc, avec le modèle Jumbo de l’AFD,
montre que les objectifs du Millénaire seront difficiles à atteindre.
Lisez
la Lettre du Groupe Sud sur nos sites WEB
www.ofpa.net
et www.diplomatie.gouv.fr
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