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"LETTRE DU GROUPE SUD N° 11

Janvier 2004"

Bulletin mensuel de liaison et d'information du Groupe "la gouvernance au sud"

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Animateur OFPA : Pr Jacques Mariel NZOUANKEU
Coordinateur MAE-France (DCT/IIA) : M. Didier NIEWIADOWSKI

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La  réforme de l’OFPA

Le 5 novembre 1991 à Cotonou (Bénin), les ministres chargés de la Fonction publique de vingt trois (23) Etats africains, ou leurs délégués et représentants, adoptaient un document historique appelé « Initiative de Cotonou » et signaient la motion de création de l’Observatoire des Fonctions Publiques Africaines (OFPA..  Les Etats signataires étaient: Angola ; Bénin ; Burkina Faso ; Cameroun ; Cap Vert ; Congo ; Côte d’Ivoire; Gabon; Gambie; Guinée Bissau ; Guinée Conakry ; Guinée Equatoriale ; Madagascar ; Mali ; Mauritanie ; Mozambique ; Niger ; République Centrafricaine ; Rwanda ; Sao Tomé et Principe ; Sénégal ; Tchad et Togo.

 Cette motion était également signée par des partenaires au développement : la France, la Banque Mondiale ; le Bureau International du Travail ; le Canada ; la Commission des Communautés Européennes ; le Fonds Monétaire International ; les Nations Unies (Secrétariat Général – Programme des Nations Unies pour le Développement ).

 L’initiative de Cotonou constituait l’un des premiers acte de foi des africains pour relever les défis du développement dans le domaine de l’Administration. Cet acte traduisait leur engagement à se prendre en charge, et, de cette manière, de se poser en interlocuteurs crédibles, voire exigeants face aux partenaires au développement avec lesquels ils auraient effectivement quelque chose à échanger. Mais l’Initiative de Cotonou, c’était également l’engagement de ces mêmes partenaires d’accompagner ce mouvement, sur un chemin et par des voies dont ils ne pouvaient ignorer qu’ils sont semés d’embûches, en sorte que les objectifs convenus d’un commun accord ne pouvaient être atteints que dans le cadre d’une collaboration s’inscrivant dans la durée.

 Plus d’une décennie s’est écoulée et le doute s’est installé dans les esprits aussi bien des Etats membres que des partenaires.  Les contributions et les appuis se sont rétrécis comme peau de chagrin. Cette institution inter étatique se trouve devant l’alternative simple soit disparaître au moment où le NEPAD le reconnaît comme opérateur essentiel pour la zone francophone et que sa vocation de tête de réseaux s’affirme soit se restructurer profondément en transformant en valeurs positives les doutes et les interrogations de ses Etats membres et de ses partenaires. Une quasi unanimité rejette une simple disparition. La restructuration devra être profonde. Elle concernera aussi bien l’ organisation, le mode de fonctionnement et le champ des activités. Quelques principes pourraient guider la création de ce qui pourrait être un centre africain de la gouvernance administrative :

u Capitaliser les expériences passées ; les intégrer et en tirer les enseignements.

v Prendre conscience du nouveau contexte de la coopération internationale et imaginer d’autres scénarios, types d’actions et d’interventions mieux adaptés .

w  Se nourrir résolument des nouvelles idées et des nouvelles façons de voir et de gérer la chose publique.

x       Imaginer un nouveau type de partenariat qui rompt définitivement avec la facilité et la mentalité d’assisté, mais au contraire développe l’initiative et l’innovation.

y  Optimiser les avantages comparatifs dont il peut se prévaloir sur le continent par apport aux organisations similaires.

z       Avoir une vision claire et cohérente de ce que devrait être une administration africaine efficace et performante, et rallier à cette vision les acteurs, partenaires sociaux, les décideurs politiques et les partenaires au développement.

 La 12ème Session ordinaire du Conseil d’Administration de l’OFPA, tenue à Cotonou  (Bénin)  les 14, 15 et 16 janvier 2004,  a consacré la majeure partie de ses travaux à cette restructuration. La résolution adoptée à cette occasion procède d’abord à des constatations : les difficultés financières récurrentes de l’OFPA compromettent désormais son existence ; les contributions étatiques accusent un faible taux de recouvrement incompatible avec le fonctionnement d’une organisation inter étatique ; en dépit de ces difficultés, la quasi totalité des Etats membres de l’OFPA souhaitent néanmoins le maintien d’une organisation africaine francophone dédiée à la coopération administrative. Le contexte est radicalement différent de celui ayant présidé à la création de l’OFPA.  La plupart des Etats membres doivent désormais faire face, à la fois, au renouvellement massif de leurs cadres, à l’introduction des Technologies de l’Information et de la Communication, ainsi qu’aux nouvelles missions administratives notamment dans le cadre des programmes de la lutte contre la pauvreté.

 Le Secrétaire Permanent a été chargé de commander une étude ayant pour objet de faire des propositions concrètes pour une restructuration de l’OFPA. Cette étude, confiée à deux experts internationaux, sera mise à l’ordre du jour de la prochaine Conférence des ministres chargés de la Fonction publique des Etats membres de l’OFPA, seule habilitée à décider du principe de la restructuration. Dans cette phase cruciale de l’évolution de l’OFPA,, toutes les contributions et propositions de réforme seront les bienvenues. A  cet effet, un forum de discussion a été créé sur le site de l’OFPA, et la lettre du Groupe Sud publiera les principales réactions.

                                                                         Professeur Jacques Mariel Nzouankeu

 

LES TIC AU SERVICE DU DEVELOPPEMENT

Le magazine du développement humain CHOIX du PNUD ( www.undp.org - choices@undp.org), dans le numéro de décembre 2003, ayant pour thème central «  une société de l’information pour tous ; est-ce réaliste ? », rappelle qu’un habitant sur six dans le monde a accès à internet mais aussi qu’un habitant sur six vit avec moins de un dollar par jour. Ce sont pourtant les pays en développement qui affichent la plus forte et rapide croissance en termes de ventes de portables et de connexion à internet, ce qui leur donne des possibilités de faire un saut technologique inespéré. Un  article sur le Ghana nous montre comment un pays classé 129ème sur 173 selon l’indicateur de développement humain, qui posséde 12 lignes téléphoniques fixes pour 1000 habitants et 3 ordinateurs personnels pour 1000 habitants, s’efforce de devenir le portail des TIC de l’Afrique de l’Ouest. Une enclave commerciale ( le Kofi Annan center for excellence) va bientôt être opérationnelle et des professionnels formés en Inde formeront l’ossature de ce centre qui est construit sur le modèle du Cyberjaya malaisien. Des autobus du «  mobile telecentre to-go » mettent les TIC à la portée des écoliers, des enseignants, des agriculteurs et des groupes cibles.  Plusieurs milliers de personnes ont ainsi appris, en trois ans, à utiliser les ordinateurs et la communication électronique. Les cybercafés se sont multipliés sur le territoire national. Le Ghana utilise aussi les TIC pour améliorer les résultats de l’administration. Ainsi l’automatisation des services judiciaires a permis de remettre à flot un appareil judiciaire obsolète et de rénover les équipements et immeubles de ce ministère. Des affaires sont jugées en deux ans alors qu’il fallait une dizaine d’années auparavant.

 Dans le numéro de mars 2004, le magazine CHOIX examinera comment certains pays mettent la gouvernance démocratique au service du développement.

 CHRONIQUE DU NEPAD

 Le Parlement européen a adopté, le 14 janvier 2004, une Résolution apportant un soutien au NEPAD. La prévention des conflits est considérée comme l’élément essentiel devant garantir le succès des projets africains. La création d’un Parlement panafricain et d’une Cour africaine des droits de l’Homme et des peuples, entrée en vigueur à compter du 25 janvier 2004, permettra de soutenir les efforts de démocratisation en Afrique tandis que la mise en place du mécanisme de l’évaluation par les pairs constitue le test de crédibilité de la politique commune africaine de développement et de garantie de la paix et de la stabilité. Le Parlement européen regrette que le Plan d’action pour l’Afrique annoncé par le G8 en 2002 n’a toujours pas reçu de calendrier d’engagement précis et souligne la nécessité d’une intégration régionale efficace. Les Etats membres de l’Ue sont invités à veiller à la cohérence de leurs politiques en Afrique qu'elles soient dans le cadre de l’Accord de Cotonou ou du processus de Barcelone.

 AGENDA

·          Un forum sur la transparence et la corruption, organisé par le Pacte mondial des Nations Unies, aura lieu à Paris les 26 et 27 janvier. Le Pacte mondial, initiative lancée par M. Kofi Annan en juillet 2000, repose sur l’idée d’un partenariat avec les entreprises en mettant en avant leur responsabilité éthique, sociale et environnementale. Cette rencontre s’inscrit dans la perspective du Sommet du Pacte mondial prévu à New York en juin prochain ; 

·         Le FMI et la Banque Mondiale organisent un atelier sur la gestion des recettes pétrolières et la gouvernance à Libreville les 3 et 4 février 2004 ;

·         La Commission économique pour l’Afrique avec le parrainage de la Banque africaine de développement et l’Union africaine organise le 4éme Forum pour le développement de l’Afrique à Addis Abeba du 7 au 11 mars 2004, sur le thème «  Gouvernance pour une Afrique en marche ».

PUBLICATIONS

·         « Le retour des rois. Les autorités traditionnelles et l’Etat en Afrique contemporaine ». Paris, Karthala, 2003,  par  Claude-Hélène Perrot et François-Xavier Fauvelle-Aymar

·         La Revue internationale et stratégique, dans sa livraison Hiver 2003-2004  N° 52, propose un dossier sur «  les stratégies d’influence en relations internationales » sous la direction de Nadège Raganu et Pierre Conesa

·         « Démocratie et gouvernance mondiale » 304 P., 23 €   UNESCO, ed. Karthala . Cet ouvrage traite de la             participation des acteurs de la société civile dans les efforts de régulation de la gouvernance mondiale.

·         Le rapport du Haut Conseil de la coopération internationale intitulé «  Coopérer au début du XXIème siècle » , 510 p. , 28 €, ed. Karthala ;

·         «  La décentralisation en Afrique de l’Ouest » par Marc Totte, Tarik Dahou et René Billaz,  nov. 2003, 408 p. , 28 €., ed. Karthala.

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www.ofpa.net      et      www.diplomatie.gouv.fr