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Cotonou, (Bénin) 09 au 11 juillet 2002
Mesdames et Messieurs,
Nous voici arrivés au terme de nos trois journées de réflexions et d'échanges sur le thème de la " Gouvernance au Sud ".
Je voudrais avant tout et très sincèrement remercier l'Observatoire des Fonctions Publiques Africaines (OFPA), pour cette initiative heureuse, au moment où l'ensemble des pays africains dont le Bénin sont engagés dans un processus de réforme en profondeur du fonctionnement de l'Administration et de l'Etat.
Dans le rapport de nos Etats avec leurs sociétés civiles comme avec leurs partenaires, la référence à la gouvernance, et à la bonne gouvernance comme on le dit encore, est devenue incontournable. La bonne gouvernance est en tête des priorités d'action et de tout Etat aujourd'hui. C'est pourquoi, nous nous devons d'interroger le concept et sa mise en pratique afin de voir dans quelle mesure on peut fonder sur lui l'entreprise de modernisation de nos sociétés et de nos Etats.
Merci donc à l'OFPA et à son Secrétaire Permanent, le Professeur Jacques Mariel NZOUANKEU de nous avoir offert cette occasion unique de réflexions et d'échanges en ce moment crucial. Merci surtout d'avoir pu associer aux réflexions des participants d'une telle qualité.
Les résultats que vous avez atteints n'auraient pas pu l'être sans cette qualité et leur participation active aux débats. Ce que je souhaite, c'est que l'Afrique francophone intensifie ses relations Sud-Sud pour que sa voix porte mieux et plus loin dans l'arène internationale. Et le concept de gouvernance nous en donne une occasion opportune.
Merci à la délégation du Ministère français de la Coopération ici présente.
Merci à Madame le Délégué aux Droits de l'Homme de l'Agence Internationale de la Francophonie, à Monsieur le Président de l'Agence Universitaire Francophone, et au CNAM. Vos apports tant au niveau du contenu intellectuel que de la vision stratégique nous sont précieux, et nous comptons vraiment sur votre appui constant pour que l'entreprise de fertilisation mutuelle que nous avons lancée ici se poursuive de manière plus organisée et plus durable.
Merci au PNUD dont la communication du Représentant Résident vous a apporté l'éclairage nécessaire sur ce que fait cette Institution dans le domaine de la gouvernance au Bénin et dans les autres pays africains. A travers lui, je dis merci à tous les partenaires au développement qui nous accompagnent sur ce chemin difficile de remise en cause de nos modes de fonctionnement et de gestion.
Adopter des comportements et des mécanismes plus efficaces pour mieux servir nos populations est une œuvre de longue haleine. Elle doit s'inscrire dans le long terme, même si les progrès ne sont perceptibles qu'à moyen ou long terme.
Merci enfin au Ministère français des Affaires Etrangères et à l'Ambassade de France d'avoir soutenu cette initiative non seulement au plan financier mais aussi et surtout au plan scientifique. Nous savons que nous pouvons compter sur vous pour relayer les points de vue qui se sont dégagés des travaux, et pour aménager d'autres occasions de rencontres pour pouvoir discuter de vive voix des améliorations à apporter à la mise en œuvre du concept de gouvernance, prenant mieux en compte le contexte et les réalités des pays du Sud.
Cette rencontre ouvre en fait un chantier important qui demande des efforts soutenus. Et ce chantier nous l'avons ouvert non en réaction à une quelconque pression, mais bien en réponse aux demandes sociales découlant des progrès de la démocratie et des exigences des citoyens par rapport à l'évaluation des politiques publiques.
Le chantier de la gouvernance au Sud, et plus particulièrement en Afrique, vous en avez esquissé les termes de référence. Vous avez insisté sur la nécessité :
- de se donner une doctrine sur la gouvernance, car avez-vous dit, d'une doctrine claire dépend le renforcement de l'Etat de droit. Cette doctrine doit être étayée sur une connaissance intime des situations concrètes et des représentations qu'on se fait du pouvoir dans le contexte de nos pays. Il s'agit donc d'un investissement qui doit d'abord être consenti par les Africains eux-mêmes.
Ce travail doit se faire en réseau ; mais il est évident que pour être efficace, il faut que les réseaux aient des lieux et des moments de rencontre. Je crois que l'OFPA est tout à fait bien placé pour jouer ce rôle dans notre région, et il faut que nous fassions tout ce qu'il faut, ensemble, pour que cette institution continue à vivre et à fonctionner ;
- d'engager une réflexion sur les critères et les indicateurs de bonne gouvernance. Nous savons que ce thème est nouveau et donc difficile. Mais je sais d'avance que si nous ne proposons rien, nous subirons. Mais pour pouvoir proposer quelque chose qui soit recevable, il faut que nous organisions notre contribution ;
- de ne pas oublier l'impératif du développement de nos pays, même si l'attention de la communauté internationale se centre actuellement sur la lutte contre la pauvreté ;
- de se départir de la tentation de proposer des solutions toutes faites et prêtes à l'emploi quel que soit le pays, et quel que soit le contexte, au nom des principes et des impératifs de bonne gouvernance ;
- d'admettre sous peine de rater l'objectif visé, que toute amélioration espérée dans le domaine de la gouvernance implique la nécessité d'un renforcement des institutions et pouvoirs publics, même si évidemment ceux-ci doivent rechercher une plus grande légitimité dans une meilleure implication de la société dans la gestion des affaires publiques.
Vaste chantier ! Mais je ne doute pas un instant que nous saurons relever ce défi.
Je souhaite à chacun un bon retour dans son foyer, et je déclare clos le Séminaire régional sur la Gouvernance au Sud.